Interview

Interview de Luis Marcel, créateur du musée l’Art en marche
Vous êtes sur la N7, loin des autoroutes de
l’Art Brut. Pourquoi avoir choisi Lapalisse pour en faire un musée aussi
ambitieux que l’Art en Marche ?
Lapalisse est au
centre de l’Europe et au centre de la France. Sa situation géographique est
excellente sur la RN 7 car les touristes qui cherchent à se mettre au vert passent à
Lapalisse. La transeuropéenne qui vient de Macon passe juste devant le musée. Qui plus
est, nous sommes à moins de 20 km de Vichy, qui est une ville mondialement connue. Bien
heureusement, Pétain a disparu, mais au coeur du pays des Bourbons, qui ont fait
l’Europe et la France on trouve notre musée. Lapalisse a été choisi un peu par
hasard., Après une trentaine de sites potentiels en France, le maire de Lapalisse nous a
proposé cette friche industrielle de 2630 m² qui est devenue un nouveau centre : celui
de L’art Brut. Ainsi, maintenant, on peut dire que Lapalisse est au centre de la
France, de l’Europe et de l’art Brut
Pourquoi les Classes D’art ?
De par ma fonction, je
suis enseignant d’Art et de sculpture, et je m’étais spécialisé dans
l’enfance inadaptée. J’ai même géré un centre à Agen . J’ai été
sculpteur, puis j’ai voulu m’occuper de ceux que les marchands ne voulaient pas.
La passion de l’art et de la pédagogie me permet, dans les classes d’Art de
donner aux enfants comme aux adultes le plaisir d’aimer cet Art Marginal.
L’Art en Marche
véhicule la liberté, qui est la valeur essentielle par rapport au quotidien
d’aujourd’hui. Cette liberté est mangée chaque jour, réduite voire anihilée.
Le XXIe siècle ne sera pas religieux mais libre si chacun prend conscience qu’il est
enculé régulièrement par la société. L’Art en Marche est ainsi un des premiers
centres de résistance...
Qu’elle est ta définition de
l’Art Brut ?
Je n’ai pas la
prétention d’en avoir une. Celle de Dubuffet existe. Cela suffit. Il a pris sa
responsabilité en restreignant L’Art Brut par sa définition. Je n’en
rajouterais pas plus ....
Pourquoi un site Internet ?
L’Art en Marche est
unique en France, voire en Europe. J’utilise ainsi tous les moyens possibles pour
nous faire connaître. Internet en est un.
Vous parlez de l’Art Brut comme
d’une religion. Vous en êtes le Pape ou le Poil à Gratter ?
Plutôt le poil à
gratter. J’ai été le premier à commercialiser l’Art Brut, c’est à dire
à prouver que ces artistes avaient droit de vivre de leur Art. Le plus choquant,
c’est que l’artiste qui est rangé dans la catégorie Art Brut comme Aloïse et
d’autres sont vendus jusqu’à 500 000 F, alors que dans les artistes
contemporain, nous trouvons des prix exhorbitants : c’est cela qui n’est pas
normal.
Quels projets pour les années qui viennent?
(Version musée) :
Deux grands projets
pour le musée :
- une grande exposition sur Chaïbia, cet
immense artiste du Maroc.
- organiser un symposium de peintures et de
sculptures pour transformer l’extérieur du musée en une immense oeuvre d’art.
Quelle suggestion avez vous à faire aux
internautes qui viennent sur le site L’Art en Marche?
Qu’ils
n’hésitent pas à nous questionner, à nous utiliser, et s’ils le peuvent, à
venir nous voir.
Quels sont vos artistes préférés ?
Montchartre, Bronstein,
Micheline Jacque, Louis de Verdal, Münch, Chichorro, Chaïbia, Pépé Vigne
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